ANSE A LA VIERGE SENTIER DES TROIS PLAGES

Réponse au communiqué de la mairie de Plérin :
"Anse aux Moines la mairie rétablit les faits"

Ce communiqué donnant suite au conseil municipal du 30 juin 2025 est disponible ici :

https://www.ville-plerin.fr/anse-aux-moines-la-ville-de-plerin-retablit-les-faits/

Précision liminaire

En phase avec la volonté de monsieur le maire d’apporter des éclaircissements sans céder à « une simplification excessive », nous proposons en premier lieu dans la suite de nos échanges de distinguer l’Anse aux Moines de l’Anse à la Vierge.

Cette distinction s’appuie sur les relevés cartographiques anciens (cf image ci-dessous), mais surtout  l’acception générale des usagers (riverains ou non) des plages de l’Anse à la Vierge et de celle de l’Anse aux Moines, dite de Tahiti, et de leur digue promenade.

ANSE À LA VIERGE ET SON SENTIER DES TROIS PLAGES

Rappelons qu’une enquête publique préalable au déclassement et l’aliénation d’un chemin rural identifié sous les références cadastrales AL n° 954 (pour partie) et AL n° 956, dénommé « Sentier des trois plages » a été ouverte le 4 novembre 2024.

Monsieur le maire étant autorisé à lancer cette démarche par le vote du conseil municipal du 7 octobre 2024.

L’enquête publique a rendu un rapport favorable, tout en pointant le caractère sibyllin de certaines réponses des services techniques de la mairie concernant notamment la gestion des réseaux d’eaux sur la partie du GR 34 fissurée depuis 2022 surplombant l’Anse aux Moines.

Le commissaire enquêteur alerté sans doute par les commentaires a étendu le périmètre de ses visites à l’Anse aux Moines.

Force est de reconnaître que la vente du sentier des trois plages si elle est regrettable, a parfaitement respecté le cadre démocratique et légal.

C’est à cette date que le collectif de défense de l’Anse aux Moines et de l’Anse à la Vierge a décidé de se structurer en association loi 1901 « Sauvons Tahiti l’Anse aux Moines ».

Il nous apparaissait évident que le sort de l’Anse à la Vierge était de fait scellé et qu’il fallait nous préparer à sauver l’Anse aux Moines.

Par ailleurs, il est intéressant de constater que l’avis du commissaire enquêteur repose sur 36 contributions. Nous sommes loin des plus de 250 familles membres (à ce jour…) de l’association « Sauvons Tahiti l’Anse aux Moines ».

Par contre, l’enquête publique ne portait pas sur la vente des parcelles AL 952, AL 953, AL 958 et AL959.

 Monsieur le maire nous écrit  : « La vente concerne uniquement la falaise, constituée du chemin rural et des parcelles classées en espace naturel du littoral, et en aucun cas l’ouvrage de soutènement. »

Or, les images avec les parcelles AL 952 et AL 953 cadastrales superposées aux images satellites laissent supposer qu’une partie de l’ouvrage public est bel et bien cédée à une personne privée.

Image satellite Image cadastre

Vous pouvez vérifier vous même sur le site Geoportail :

https://www.geoportail.gouv.fr/carte

Vous choisissez dans le menu à gauche de superposer les images satellite et les relevés cadastraux.

Dans le menu en haut à droit vous règlerez l’opacité des images..

Ci-dessous en faisant jouer le curseur central verticalement. 

ScreenshotScreenshot

Suite à cette vente, la mairie ne conservera qu’une bande latérale de l’ouvrage, large de 1 m environ.

Si nous étions amenés à considérer que seule cette partie est un édifice de protection contre l’érosion marine et donc une digue, mais aussi un ouvrage de soutènement de la falaise, comment cet ouvrage peut-il jouer son rôle à une distance de plusieurs mètres de la falaise ?

S’il y a ambiguïté ou erreur, il serait sans doute approprié que nous puissions nous rencontrer monsieur le maire sur ces parcelles dès lors que vous m’y autorisez.

Monsieur le maire nous écrit : « Cette vente n’accorde en aucun cas, un accès privatif à l’Anse, l’ouvrage demeurant interdit au public. »

Si l’ouvrage reste interdit au public, comment son propriétaire pourra-t-il mener à bien les travaux d’entretien voire de réparation sur la partie de l’ouvrage qui lui incombe dorénavant ?

Si les risques d’éboulements de la falaise sont avérés à l’Anse à la Vierge, est-il convenable de laisser le propriétaire accéder à sa maison ?

La digue promenade des Anse aux Moines et à la Vierge

Monsieur le maire nous écrit  : « Le chiffrage des travaux conservatoires nécessaires pour maintenir ses fonctions de protection contre la mer et de soutènement de la falaise est estimé à moins de 880 000 €. Toutefois, cette artificialisation du bas de falaise n’éliminera pas le risque d’éboulements de pierres lié à la fragilité du haut de falaise. Quid de la préservation naturelle du littoral ? »

Il ne s’agit pas d’artificialisation du bas de la falaise puisque l’ouvrage existe depuis le début du XXème siècle.

Cet ouvrage est déjà artificiel et on ne peut donc l’artificialiser plus encore.

Pour quel motif la digue serait-elle toujours interdite, après les travaux conservatoires ?

Pourquoi supprimer ou reboucher les escaliers qui ne sont pas présentés comme des points faibles de la digue, par Géolithe ?

Rêvons un peu ... Anse aux Moines ou Saint-Cast le Guildo ?

La digue, une fois réparée, sécurisée et entretenue nous permettrait de nous promener et d’accéder à la plage, comme par le passé et tout comme la superbe digue promenade qui se trouve à Saint Cast le Guildo ; nous sommes dans la même configuration.

Pour ce qui est des risques de chutes de pierres du haut de la falaise sur la partie Anse aux Moines :

Reprenant votre idée « de préservation naturelle du littoral « à laquelle nous adhérons totalement, rappelons que les solutions proposées par Géolithe (rapports 2020 à 2023) reposent aussi sur du grillage voire du filet ancré, laissant place à toute végétation, dont l’ancrage racinaire jouera aussi son rôle important de stabilisation.

Le recours au béton n’est absolument pas requis systématiquement d’autant qu’il nous semble nécessaire d’étudier les solutions propres à une revégétalisation appropriée.

Le changement climatique est là bien entendu ; réfléchissons ensemble à des solutions durables.

Pas plus que vous monsieur le maire nos adhérents n’apprécient le béton.

Bien au contraire.

L'implication des réseaux dans la fragilisation de la falaise et du GR34 :

Pour ce qui est de la « fragilité » de la falaise, je vous encourage à lire le rapport de Géolithe datant de 2020 suite à l’apparition d’une toute première fissure sur le GR 34 en surplomb de la maison bleue:

 

Autrement dit ce n’est clairement pas la solidité de la falaise qui est en cause mais bien les réseaux d’eaux pluviales et usées (dont la gestion, l’entretien appartiennent à SBBA et la mairie).

Quelles sont les solutions proposées par Géolithe ?

Une végétalisation adaptée est donc au cœur des solutions.

« L’amélioration » de la végétation est sujet entier qu’il est intéressant de creuser pour l’Anse aux Moines mais bien entendu pour l’ensemble du littoral Plérinais.

Géolithe précise dans son estimation financière :

En conséquence les travaux de 2020 ont traité les effets mais en aucune manière les causes.

Suite à l’apparition en 2022 d’une nouvelle fissure, les nouvelles études de Géolithe datées de 2023 rappellent que la gestion des réseaux fait partie intégrante des solutions de traitement définitif :

Les travaux de voiries nécessaires (qu’on peut estimer à quelques milliers d’euros ?) à la gestion des causes des désordres n’a pas et n’est toujours pas considéré.

Monsieur le maire nous écrit :

« …nous invite à prendre le temps nécessaire à la réflexion, avant tout engagement de quelque nature que ce soit. »

Pourquoi le GR34 n’est-il plus entretenu au niveau de l’Anse aux Moines ?

La fissure apparue dès 2022, reprise dans les rapports de Géolithe dès 2023, n’est toujours pas rebouchée !

Deux ans de réflexion déjà …

Monsieur le maire nous écrit : « Contrairement à certaines idées reçues, l’Anse aux Moines reste accessible à l’ensemble de la population. La plage demeure un espace public, accessible selon les marées, comme c’est le cas sur de nombreuses plages bretonnes. »

Le chemin d’accès à la digue et donc à la plage (sentier de l’Anse aux Moines, à partir du GR34) est toujours fermé par arrêté municipal (bien qu’il soit privé et sous convention de passage avec la mairie, régie par les articles L365-1 et L365-1 du Code de l’Environnement).

Quels sont les risques sur ce sentier ?

Aucun éboulement ne s’est produit depuis les chutes de pierres provoquées par l’intervention d’engins lourds de débroussaillage. Le muret a été fragilisé lors de cette même intervention :

Monsieur le maire nous écrit :

« …nous invite à prendre le temps nécessaire à la réflexion, avant tout engagement de quelque nature que ce soit. »

Rien n’a bougé (sauf la fissure du GR34) depuis 2023.

Deux ans de réflexion déjà…

Monsieur le maire nous écrit encore :

« Une décision réfléchie et concertée »

« Depuis près de trois ans, la Ville et son comité stratégique dédié au recul du trait de côte entretiennent un dialogue régulier avec le propriétaire et les représentants de l’Anse aux Moines. »

Quand vous faites référence à un propriétaire, vous parlez sans doute du nouvel acquéreur côté Anse à la Vierge ; pour ce qui est de l’Anse aux Moines, il y a plusieurs propriétaires, dont on ne peut pas vraiment dire qu’ils aient été concertés.

Concertation définition du petit Robert : Action de se concerter, de discuter pour prendre des décisions ensemble.
➤ Synonymes : dialogue, coordination, négociation.

Le collectif de l’Anse aux Moines, porté par Messieurs Connan et Nemirowski, puis notre association n’ont été en rien sollicitées depuis janvier 2024 sur les sujets de l’Anse aux Moines, ou de l’Anse à la vierge notamment sur votre engagement pris sur les travaux conservatoires de la digue promenade.

 Nous souhaiterions participer activement aux réflexions actuelles et futures concernant l’Anse aux Moines et plus généralement sur le sujet du recul du trait de côte sur l’ensemble de la commune. Il est à noter qu’à ce jour, l’Anse aux Moines ne figure pas sur la carte des risques littoraux de Plérin (cf cartes présentes sur le document DICRIM – 01/25 ; lien présent sur le site de la mairie).

Nous sommes donc particulièrement sensibles à l’évolution de la cartographie du recul du trait de côte qui doit être finalisée et impose une concertation, conforme à l’esprit et à la lettre de la stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte (GITC).

Lire notre article sur la GITC.

Le document complet de la DICRIM

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